L’Hérault viticole est aujourd’hui confronté à une multitude de défis : changement climatique, instabilité économique, et concurrence internationale accrue. La viticulture héraultaise, pilier économique et culturel, souffre d’une double pression : la baisse de la consommation et l’aggravation des aléas climatiques. Comme le souligne Yvon Pellet, maire de Saint-Géniès-des-Mourgues, “il est plus que jamais nécessaire de faire bloc, collectivement”.
Pour celui qui est aussi défenseur du terroir à la Métropole et au Département, il ne suffit pas de se rappeler ce serment. “Du président du Département au maire, tout le monde doit soutenir le monde agricole et viticole”, martèle-t-il. Un appel à une solidarité morale, mais aussi concrète, pour “une véritable défense du secteur”.
Les viticulteurs face à des défis multiples
Si l’engagement politique est fondamental, il doit aussi être soutenu par une action concrète sur le terrain. Et là, la réalité du quotidien des vignerons héraultais est bien plus complexe. Le monde agricole se trouve aujourd’hui pris entre plusieurs feux : les enjeux de rentabilité, la pression réglementaire, et la fragilité climatique. Ces tensions exacerbent une profonde rupture entre les producteurs et les institutions, notamment les autorités de régulation. Frédéric Roig, président de l’Association des maires de l’Hérault, plaide pour une action ”active et immédiate” des élus locaux. “Nous devons nous battre pour la préservation des terres agricoles, pour le soutien aux producteurs face aux crises économiques, et pour une gestion durable de l’irrigation”, affirme-t-il.
Pour beaucoup d’élus, ce sont les règlements de plus en plus contraignants, notamment autour de l’utilisation des produits phytosanitaires, qui mettent les viticulteurs sous pression. Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, pointe avec force : “Les viticulteurs sont à bout de souffle. Ils n’ont pas besoin de subir des humiliations supplémentaires sous prétexte de contrôles excessifs.”
Le climat est tendu, et les tensions avec l’Office français de la biodiversité (OFB) ne font qu’amplifier un sentiment de défiance. Ces rapports conflictuels, notamment sur l’usage des pesticides, attisent un mécontentement. Pour Jérôme Moynier, conseiller départemental, l’objectif que devrait accompagner l’Etat est celui d’un soutien à une viticulture en transition, “il ne s’agirait pas de l’étouffer sous des règles qui ne tiennent pas compte des réalités du terrain”.





