14 kilos de cocaïne, 12 kilos de cannabis, 1 kilo d’héroïne, plusieurs dizaines d’armes à feu et d’armes blanches. C’est le premier bilan à l’échelle de Montpellier du dispositif “ville sécurité renforcée”, entre le 19 mars et début septembre, donné par le préfet de l’Hérault François-Xavier Lauch lors d’une conférence de presse le mardi 16 septembre dans la soirée devant le nouveau commissariat du quartier de la Mosson, en présence du nouveau procureur de la République de Montpellier Thierry Lescouarc’h et de Sébastien Cote, adjoint au maire de Montpellier chargé de la sécurité.
Une intensification des opérations à la Mosson
Classé quartier de "ville sécurité renforcée", la Mosson a particulièrement fait l’objet d’une opération d’ampleur du 2 au 10 septembre. Selon le préfet, un point de deal situé avenue de Louisville a été démantelé, entraînant six gardes à vue sur les huit de l’opération dans sa globalité.
Vingt commerces ont été contrôlés, avec trois fermetures administratives à la clé, notamment pour emploi de personnes en situation irrégulière ou détention de stupéfiants. Des contrôles routiers ont également permis de sanctionner des conducteurs sous l’emprise de stupéfiants et d’éloigner des individus des points de deal grâce à cinq interdictions de paraître.
Quatre quartiers “ville sécurité renforcée”
Au-delà de cette opération coup de poing à la Mosson, le préfet a rappelé que depuis que Montpellier est devenue une “ville sécurité renforcée” en mars, avec quatre quartiers prioritaires qui sont la Mosson, Les Marelles, la Cité Gély et l’Écusson, 677 personnes ont été interpellées, 528 placées en garde à vue et 127 déférées au tribunal judiciaire de Montpellier.
“Le nombre de personnes prises pour usage de stupéfiants a augmenté de 168% à l’échelle de Montpellier. 226 000 euros ont été saisis et 14 interdictions de paraître ont été prononcées dans le département dont 6 à Montpellier”, précise le préfet. L’occasion de rappeler que selon lui, “le cœur de la bataille c’est le consommateur" pour lutter contre le narcotrafic.
"Les suspensions de permis de conduire sur la base de stupéfiants ont augmenté de 5%... Même si c’est beaucoup trop peu à mon goût, ça augmente quand même", relativise le préfet.
Les fermetures administratives de commerces ont elles bondi : 123 depuis janvier dans l’Hérault, dont 60 à Montpellier, soit autant que sur toute l’année 2024.
La loi "narcotrafic", nouvel outil de pression
François-Xavier Lauch a longuement insisté sur les possibilités offertes par la récente loi narcotrafic. "Nous n’étions que de petits joueurs, aujourd’hui je peux fermer un commerce sur suspicion de blanchiment ou lorsqu’un déséquilibre est constaté entre l’activité et les impôts déclarés", a expliqué le préfet, tout en annonçant avoir dressé une liste de commerces "douteux" qui feront prochainement l’objet de contrôles. “J’en ai quelques nouveaux à vous donner”, a répliqué Sébastien Cote, l’adjoint au maire chargé de la sécurité.
Fraîchement nommé, le nouveau procureur de Montpellier a insisté sur l’importance de la collaboration entre police, préfecture et parquet. “Ces délits gangrènent des quartiers entiers. L’un de nos axes prioritaires est la saisie des avoirs criminels”, a indiqué Thierry Lescouarc’h.
Maintenir la pression
De son côté, Sébastien Cote, adjoint au maire chargé de la sécurité, a souligné l’efficacité du travail conjoint entre police nationale, municipale et services de l’État. "En matière de fermetures administratives de commerces de façade, l’Hérault est devenu un modèle au niveau national. La loi narcotrafic nous donne des outils majeurs et nous devons continuer à agir de façon coordonnée", a-t-il insisté.
Alors que la rénovation urbaine de la Mosson représente un investissement d’un demi-milliard d’euros de la part de l'État, les autorités estiment indispensable d’y garantir un niveau de sécurité à la hauteur. Une nouvelle opération coup de poing devrait s'organiser d'ici la fin de l'année, a glissé le préfet de l'Hérault, sans vouloir dévoiler la date ni le lieu.





