Si le Département de l’Hérault a renoncé à faire le déplacement pour des raisons budgétaires, le monde agricole héraultais n’en reste pas moins représenté. Certains producteurs font en effet le choix de maintenir leur présence coûte que coûte comme la coopérative oléicole Oli d'Oc. Car pour eux, le Salon de l’Agriculture n’est pas qu’un événement vitrine : “C’est un tremplin commercial et stratégique”.
Un pari assumé
Alors pourquoi Oli d'Oc persiste, et signe ? "Parce que ça fait longtemps qu'on y va. On y a une clientèle fidèle, des retours commerciaux concrets, et puis c’est un rendez-vous national incontournable pour la reconnaissance du produit", partage Graziella Duong-Van, attachée technico-commerciale de la coopérative.
Cette année encore, la coopérative présente son huile et ses olives au Concours général agricole, qui se tiendra le dimanche du salon. Une compétition où Oli d'Oc a déjà raflé de nombreuses médailles par le passé. "On nous envoie chercher les médailles ! C'est la récompense de tout ce qui se fait sur les sites de production, une reconnaissance du savoir-faire des collègues".
Au-delà des distinctions, la temporalité du Salon s’aligne parfaitement avec la saisonnalité de la production d'Oli d'Oc pointe Graziella Duong-Van. "La récolte commence en octobre et s’achève en janvier. En février, on répartit les volumes, et en mars, on met en vente la nouvelle récolte. Le Salon tombe au bon moment, c’est notre lancement."
Une logistique bien huilée
Participer au Salon ne s’improvise pas. Dès août, Oli d'Oc réserve son espace, organise l’acheminement des produits et mobilise son équipe. "On est parti vendredi matin, les palettes avaient été envoyées en amont, nos amis de la Chambre d'agriculture de l'Hérault ont eu la gentillesse de les récupérer sur place, et on a commencé à installer notre stand avant l’ouverture ce samedi matin". La suite ? Une première équipe jusqu’à mercredi matin, avant l'arrivée du président de la coopérative et d’autres collègues qui prendront le relais jusqu’à la fermeture.
Car l’événement est aussi et surtout une opportunité de rencontres stratégiques. La coopérative fidélise ses clients parisiens, accueille de nouveaux prospects et noue des contacts avec les épiceries fines. "Il y a des habitués qui nous attendent chaque année. Certains préfèrent acheter en direct au Salon plutôt que sur Internet. Et puis, on rencontre des professionnels qui découvrent notre gamme et passent commande."
L’absence du Département : une différence palpable ?
Le Département de l’Hérault, habituellement présent avec un stand central et attractif, manque à l’appel cette année. Un choix budgétaire qui interroge sur la visibilité des produits héraultais dans ce type d’événements. "Ils avaient un très beau stand qui attirait du monde et qui renvoyait les visiteurs vers les producteurs. C’était un vrai point d’appui. On verra cette année si cela change quelque chose pour nous."
Quoi qu’il en soit, pour Oli d'Oc, la décision est prise : le Salon de l’Agriculture reste un investissement stratégique. Entre compétition, commerce et notoriété, l’enjeu dépasse largement le cadre d’un simple déplacement à Paris. "À un moment donné, si on ne sort pas de chez nous, on n’existe pas."





