Ce vendredi 29 août, dans la salle de crise au sous-sol de l’hôtel de ville, élus et membres de la sécurité civile faisaient un bilan de la situation météorologique de l’été 2025. La période estivale a été marquée par des épisodes caniculaires et des incendies de forêts particulièrement intenses. Sur l’été, 18 jours de vigilance orange canicule ont été recensés, soit trois fois plus qu’en 2024. Le territoire a également été placé en vigilance incendie de forêt sur 41 jours, soit 3,5 fois plus qu’en 2024.
Les sapeurs-pompiers ont recensé 200 départs de feux en 2025 sur l’Hérault, jusqu’au 27 août. Parmi les plus gros incendies, 270 hectares à Fabrègues et 190 hectares à Cournonsec ont brûlé. Ces feux sont néanmoins sans commune mesure avec le plus grand incendie de l’été, celui de la Ribaute dans l’Aude, qui a brûlé 16 000 hectares.
“Cette année, ce sera peut-être Montpellier”
Après le risque incendie cet été, c’est désormais le risque pluie-inondation qui préoccupe la Métropole et la sécurité civile. Les épisodes méditerranéens, concentrés entre le 15 août et le 15 décembre, causent chaque année de très importants dégâts. “On a toutes les raisons d’être inquiets”, appuie Sébastien Cote, l’adjoint délégué à la protection de la population et à la tranquillité publique à la Métropole. Pour Éric Flores, le directeur départemental du service départemental d'incendie et de secours de l’Hérault (Sdis 34), c’est le risque de ruissellement qui est le “plus gros risque” sur la métropole.
“L’an dernier, c’est tombé sur Valencia. Il y a quelques années c’était la vallée de la Roya. Cette année, ce sera peut-être Montpellier”, avertit Alix Roumagnac, le président de la société héraultaise Predict Services. Elle propose depuis 2006 des solutions d’anticipation et de gestion des événements climatiques. La prévention des risques comporte quatre piliers essentiels : “connaître le risque, s’y préparer, le monitorer et disséminer l’information”, indique M. Roumagnac.
“Le citoyen n’est pas assez préparé”
“Nous devons assumer pleinement que nous sommes un territoire à risque. Et le principal risque, c’est que le citoyen n’est pas assez préparé”, martèle Sébastien Cote. Selon l’élu, 50 000 personnes, soit un sixième de la population de la ville, changent de lieu d’habitation chaque année. “25 000 personnes arrivent avec en tête l’image de la carte postale en Méditerranée. 25 000 autres, déjà Montpelliérains, changent d’habitation et s’informent insuffisamment sur le nouveau territoire”, regrette-t-il.
Un kit de survie à créer soi-même
Afin de sensibiliser la population aux risques, la Ville et la sécurité civile multiplient les dispositifs de sensibilisation. Le Catakit, que l'on peut créer soi-même, comprend un ensemble d’items permettant de couvrir les besoins vitaux sur 72 heures. “Ils sont répartis en cinq catégories : s’hydrater, se nourrir, se soigner, se protéger, se signaler”, détaille Clément Marragou, président de la délégation héraultaise de la Croix-Rouge.
Un service gratuit, la téléalerte, permet aux habitants de se tenir informés, via des alertes sur leur smartphone, des risques du territoire. “Seulement 5600 Montpelliérains sont inscrits à la téléalerte. C’est un service gratuit, il faut absolument s’y inscrire”, encourage Sébastien Cote.
64 citoyens engagés
Autre dispositif, la réserve communale de sécurité civile (RCSC), créée en 2021, est composée de volontaires participant aux missions de sensibilisation aux risques majeurs et de renfort aux forces de secours. Elle comprend aujourd'hui “64 citoyens engagés, formés grâce au Sdis et à la Croix-Rouge, un véhicule et un local qui va arriver en fin d’année”, détaille Yvan Nosbé, délégué à la réserve citoyenne, au plan communal de sauvegarde et à la lutte contre les violences routières.
“On a déjà effectué 12 actions depuis le début de l’année, dont des stands avec des jeux lors d’événements tels que le Fise ou des ateliers permettant d’acculturer la population aux différents risques majeurs”, détaille Charline Morin, jeune citoyenne engagée. “En tant que bénévole, c’est un plaisir, une joie et un honneur de se dire qu’on est utile à notre ville et à nos concitoyens”, ajoute Claude Brigant, retraité. Yvan Nosbé enjoint les citoyens à s’engager : “Si vous avez entre 18 et 77 ans, vous pouvez postuler sur le site de la mairie.”





