Hérault Tribune

Laurent Arcella, ostréiculteur au Salon de l’agriculture : “Les huîtres d’Occitanie ne sont pas connues à Paris”

L’ostréiculteur Laurent Arcella, à la tête de la coopérative Conchyliculteurs de Méditerranée, va quitter le bassin de Thau direction Paris et le Salon international de l’agriculture où il tiendra un bar à huîtres du samedi 22 février au dimanche 2 mars. Un habitué qui vient depuis près de 10 ans à ce grand rendez-vous incontournable de l’agriculture en France.

par Thea Ollivier

Publié le 20 février 2025 à 08h05 · Modifié le 6 janvier 2026 à 23h02

Laurent Arcella derrière le bar à huîtres lors du salon de l'agriculture de 2024. © Laurent Arcella

Pourquoi allez-vous au Salon de l’agriculture depuis dix ans ? 

J’y vais via la Région pour faire connaître les huîtres d’Occitanie, et de l’Hérault en particulier, car elles ne sont absolument pas connues à Paris. Parce que notre mode de production fait qu'elles ne tiennent pas l'exondation, c’est-à-dire le fait de les mettre hors de l'eau. Les huîtres de l’Atlantique, qui ont pris les marées, sont habituées à être la moitié du temps hors de l’eau. Alors que les nôtres sont tout le temps dans l'eau et n'ont pas l'habitude d'en sortir, elles sont donc difficilement transportables.

Face à ce défi, comment faites-vous pour avoir des produits frais au Salon de l’agriculture ? 

On peut se permettre de monter nos huîtres depuis l'étang de Thau : je fais apprêter un camion tous les jours ou tous les deux jours. Donc c’est une marchandise qui est hyper fraîche. Les gens sont surpris parce que l’huître de Bouzigues a un goût très particulier, c’est très salé. 

Pour tenir ce bar à huîtres, vous mobilisez quelle quantité de marchandise et combien de personnes ? 

On est entre deux et trois écaillers et au total on mobilise entre six à sept personnes pendant neuf jours. Ça dépend des années car selon l’endroit où se trouvera le stand, on peut multiplier le chiffre d’affaires par deux. On a un investissement qui est de plus de 25 000 euros. Et le seuil de produits à ramener se trouve entre 10 000 et 15 000 huîtres. 

Avez-vous des attentes en termes de retombées commerciales ? 

En termes de business indirect, non. C’est la Région qui me mandate pour défendre les couleurs de l'Occitanie. Elle a besoin que les gens soient séduits par les produits qu’ils vont manger, parce qu’il n'y a pas que moi sur le stand. Il y a aussi la charcuterie, le vin et d’autres produits. La Région a investi et doit avoir un retour positif pour essayer de drainer un flux touristique vers l'Occitanie. Pour notre filière, l'enjeu se trouve plutôt au niveau de la création de circuits courts qui nous tirent vers le haut. Car on n'a pas de très gros volumes, donc on fait de la marge grâce au tourisme, aux dégustations et aux marchés. 

Vous êtes à la tête de la coopérative Conchyliculteurs de Méditerranée. Est-ce que vous y allez aussi pour la représenter ? 

On est une toute petite coopérative qui a à peine deux ans. Elle regroupe 90 ostréiculteurs qui représentent 25% de la production méditerranéenne française. On a des rendez-vous politiques, syndicaux et avec d'autres coopératives maritimes. Mais on a surtout rendez-vous avec la Direction interrégionale de la mer Méditerranée (Dirm) et la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) qui nous accompagnent pour faire un point et pour nous encourager. Car nous sommes en train de structurer la filière et donc ils voient ça d'un très bon œil. La Dirm et la DDTM gèrent surtout les dossiers qu'ils vont transmettre à l'Europe pour que l’on passe de “coopérative” à “organisation de producteurs”. La coopérative nous donne droit à 40 et 50% de subventions. L’idée est de se faire accompagner par l'État français pour obtenir la certification "organisation de producteurs "qui donne accès à des financements européens avec des plafonds très hauts.