Aux côtés du préfet, étaient présents entre autres les sapeurs-pompiers du Sdis 34, les sauveteurs de la SNSM, les CRS, les agents territoriaux et les responsables municipaux. Tous ont dressé un constat commun... malgré un dispositif de sécurité complet et bien rodé, les drames se multiplient.
Un bilan déjà tragique à mi-saison
Le préfet n’a pas mâché ses mots. « Je viens devant vous aujourd'hui avec une certaine gravité », a-t-il lancé d’entrée, "parce que le bilan de la sécurité des baignades depuis le début de la saison est très mauvais dans le département". À la mi-juillet, le département de l’Hérault déplore déjà 21 décès liés à la baignade, dont 11 en mer. Un chiffre presque équivalent à celui de l’ensemble de l’été précédent, où 25 morts avaient été recensés. La situation est d’autant plus préoccupante que la surveillance des plages n’a pas faibli. 77 postes de secours sont actifs dans le département, avec environ 300 sauveteurs mobilisés chaque jour.
Des comportements à risque pointés du doigt
Malgré ce dispositif, les drames se succèdent. Les services de l’État et les secours mettent en cause des comportements inadaptés ou imprudents. Beaucoup de victimes sont des personnes âgées, parfois habituées de longue date des plages héraultaises, qui ne tiennent plus compte de leur état de santé ou de leurs capacités physiques. À cela s’ajoute une méconnaissance ou un non-respect des alertes météo, notamment lorsque la mer est agitée ou que les courants deviennent dangereux. Le drame survenu la veille à la Grande-Motte l’illustre cruellement. Encore hier, une personne de plus de 80 ans s’est noyée.
Les fleuves, eux aussi, sont devenus des lieux de danger. Plusieurs accidents mortels sont survenus après l’utilisation de bouées gonflables sur le fleuve Hérault, malgré les mises en garde des sapeurs-pompiers. Un rappel brutal que les eaux calmes en apparence peuvent être traîtres.
Un appel à la responsabilité individuelle
François-Xavier Lauch a martelé des recommandations simples mais vitales : "J’appelle chacun à aller se baigner uniquement dans les zones surveillées. Même lorsque la mer est calme, évitez les endroits sans surveillance, surtout si votre condition physique est affaiblie ou si vous ne savez pas bien nager". Le préfet a élargi son message à d’autres facteurs aggravants : "La canicule, l’alcool, les substances stupéfiantes... tout cela diminue la capacité à résister aux mers. C’est un véritable appel que je lance".
Des jeunes sauveteurs exemplaires
En marge de la présentation, des sauveteurs ainsi que deux jeunes garçons ont effectué une démonstration de sauvetage qui a particulièrement interpellé le préfet. Quelques semaines plus tôt, ces jeunes secouristes avaient sauvé une personne en arrêt cardio-respiratoire, qu’ils ont réussi à ranimer. « Ce sont d’authentiques héros », a salué François-Xavier Lauch. "Moi, j’ai des étoiles dans les yeux quand je vois ces jeunes garçons et ces jeunes filles mobilisés pour l’intérêt général, pour le service public, et qui sauvent des personnes".
Une mobilisation coûteuse mais essentielle pour Valras-plage
La commune de Valras-plage engage chaque année près de 500 000 euros pour sécuriser sa plage avec 470 000 euros pour les infrastructures et leur mise en conformité, et environ 200 000 euros pour le personnel de surveillance. Daniel Ballester, maire de Valras-plage déplore une réalité dure : "Nous avons déjà eu malheureusement deux personnes décédées. Et nous sommes que le 18 juillet. Il faut que chacun se responsabilise. Quand les forces de secours ou de sécurité donnent des indications, il faut les respecter !".
Le Sdis alerte sur l’augmentation des interventions
Du côté des sapeurs-pompiers, Éric Vial, directeur départemental adjoint du Sdis 34, dresse lui aussi un constat préoccupant : "Cette année, il y a eu beaucoup de problèmes de noyade en eau intérieure et sur le littoral, comme partout en France. Nous n’avons pas aujourd’hui beaucoup d’éléments d’explication, sinon des comportements inappropriés". Et de rappeler que la Méditerranée n’est pas sans danger : "Il faut rappeler à tout le monde que la mer Méditerranée n’est pas une mer calme ou bénigne. Elle peut être imprévisible et dangereuse".
En effet, le Sdis est en première ligne, avec une couverture quasi totale des plages du département. 250 sapeurs-pompiers volontaires sont répartis sur 50 postes de secours, dans 16 communes. Depuis le début de l’année, les interventions liées aux baignades ont augmenté de près de 20 %, avec près de 200 sauvetages réalisés qui ont évité le pire. Selon Éric Vial une partie de ces opérations aurait pu être évitée avec plus de vigilance de la part des baigneurs.
Dans les acteurs du secours côtier, il ne faut pas oublier également la SNSM, avec 50 sauveteurs répartis sur 15 postes de secours dans trois communes, ainsi que les 18 CRS maîtres-nageurs sauveteurs et les agents communaux présents sur les postes de secours.
Un été sous tension, une vigilance de tous les instants
Cette journée du 18 juillet à Valras-plage aura permis de mettre en lumière le travail des sauveteurs, mais aussi l’extrême fragilité du bilan humain de cette saison estivale. Les autorités rappellent les principes essentiels de prévention comme se baigner uniquement dans les zones surveillées, prêter attention aux drapeaux de signalisation et aux bulletins météo, éviter toute consommation d’alcool ou de substances avant la baignade, et connaître ses propres limites physiques.
La mer, les rivières, les piscines… partout, les mêmes recommandations : vigilance, prudence, et respect des consignes. Un effort collectif est demandé, car face à la Méditerranée, même familière, "on ne joue pas les héros".





